Des chaussures faciles à dépanner

Voilà, c’est parti pour le projet chaussures, un gros objectif, quelque chose dont je rêve depuis maintenant plus d’un an, depuis que j’ai découvert le mouvement barefoot (pieds nus en français). J’ai commencé à me fabriquer des sandales souples, les plus proches possibles des sensations du sol, sans la brûlure du bitume, et de fil en aiguilles, j’ai eu envie de concevoir des chaussures confortables, pas chères, faciles à créer et à réparer et surtout, dans cet esprit de simplicité du barefoot et capables potentiellement de comporter une semelle souple et fine (mais aussi une semelle épaisse et rigide au besoin). Me voilà donc parti dans l’aventure de la cordonnerie et j’ai beaucoup à apprendre. Je sais que je peux réaliser des semelles avec des couches de cuir épais et bien traité et j’ai trouvé dans le tricot la matrice parfaite pour des chaussures respirantes, hygiéniques, légères, faciles à concevoir et personnalisées. Le pied ! 😉

Il est possible que je propose une version couverte d’écailles de cuir, je verrais en fonction du résultat du test. Pour l’instant du moins, le cuir s’intègre, outre la semelle, pour protéger l’extrémité cheville de la laine, pour le devant du pied et pour la tige et le talon. Un contour tout autour, est en discussion, à voir si ça apporte vraiment à l’étanchéité.

Le plus difficile jusqu’à présent a été de trouver les bons réglages pour la partie laine. Mon croquis de travail s’en ressent. Il me fallait un tour de pied suffisamment large pour envelopper une pointure 42 (deux aimables aventuriers m’ont proposé leurs pieds pour essayer mes prototypes). Il ne fallait pas que ça nage (mailles lâches) mais que ce soit bien ajusté, pour accompagner le pied et bien le tenir, sans toutefois le contraindre. Un travail de comptage et de ratio minutieux a été effectué qui montre un rapport de 1,6 maille par centimètre pour des mailles lâches en 5mm avec du fil 5 et 1,3 pour des mailles tendues (cf croquis).

J’ai également appris à réaliser un rabat souple avec un crochet, ce qui va m’être extrêmement utile pour la suite ! En effet, il est inutile de réaliser un vêtements en mailles souples si le bord est rigide et interdit le passage. Je peux maintenant les yeux fermés, réaliser des chaussettes dignes de ce nom ! 🙂

J’ai aussi réalisé un compte rendu de mes connaissances pour la Wicca Dark Green, à laquelle je participe, et un ami du cercle m’a parlé duNålebinding(prononcer neulbaïndïng), une technique ancestrale proche du tricot et du crochet, mais avec une aiguille et des fils courts, et qui était pratiquée par les vikings, rois de la débrouille à bien des égards. Je compte bien m’y initier afin de recycler tous les petits bouts de fils que j’ai accumulé ces derniers mois. Cela dit, j’ai appris la bonne technique pour prévoir suffisamment de fil au moment de monter les mailles (mais pas trop) alors le fil proviendra probablement à l’avenir du tissage plutôt que du tricot.

J’ai découvert un métier à tisser gaulois qui me fait très envie et je compte adapter mon métier à tisser à main pour en reprendre les principes et tisser enfin du fil fin.

Edit : Comme le laisse montrer la galerie au sommet de cet article, la version 3 de ces chaussures a maintenant été réalisée. Il y a eu de nombreuses remises en question, dont celle des écailles, qui s’avèrent finalement catastrophiques, tant au niveau du design qu’au niveau de la conception, je les ai donc complètement laissées tomber. La semelle a demandé énormément de réflexion également et pour l’instant je reste sur une semelle fine et souple (bien qu’une semelle plus dure et épaisse sois possible dans le modèle final). Le contour a été vu et revu et finalement la laine est bordée de toute part par le cuir ce qui réduit considérablement l’usure, sans dégrader le confort. La chaussure pèse finalement 120 grammes, ce qui la place définitivement dans les chaussures légères. Les nombreuses leçons retenues permettront de concevoir des variations intéressantes :

  • une paire de « sandales fermées », avec un tricot aux mailles très larges et très peu de renforts en cuir
  • une paire de bottes imperméables, sans tricot
  • une paire de bottes de neige, avec de la laine feutrée à la place du tricot
  • Des chaussons, sans renforts, juste les mailles
  • + tout ce que votre imagination et votre audace apporteront 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *